Revisitez l’histoire d’Astro Boy de Tezuka avec Urasawa

Il y a pour moi des œuvres, toutes lectures confondues, qui s’approchent avec circonspection. J’ai eu la chance d’acquérir la série complète du manga Pluto de Naoki Urasawa d’un coup, il y a de cela plus d’un an. Il m’a fallu un long moment pour sentir venir l’envie de lire la série inspirée par Osamu Tezuka. Puis un matin, tout naturellement, j’ai attrapé le premier volume et les autres ont suivi presque sans discontinuer. 

Pluto | Urasawa pose un nouveau décor dans un univers bien connu

Tout commence par le meurtre de Mont-Blanc, un robot pacifiste et aimé de tous. Le choc est général : Mont-Blanc faisait partie des 7 robots les plus forts du monde, tout comme Gesicht, un robot-détective employé par Europol, qui se retrouve chargé de l’enquête. Il n’a d’ailleurs pas une minute à perdre : il semblerait que le tueur s’attaque justement aux 7 robots les plus forts du monde et à des scientifiques de la robotique. Ce tueur se fait appeler Pluto et on reconnaît la marque de ses meurtres grâce aux cornes plantées de chaque côté du crâne des victimes. 

Sur fond d’enquête à plusieurs niveaux, de manœuvres politico-sociales, de questionnements ardents sur les robots, leurs droits et leur étrange ressemblance avec les humains, l’histoire d’Urasawa commence. 

Si le manga avait un parrain, ce serait Osamu Tezuka

Faut-il vraiment présenter Tezuka ? La réponse est oui, parce que cela va me permettre de faire des recherches 😉.

Osamu Tezuka, c’est LE daron du manga incontesté et vénéré. Né en 1928 et mort en 1989, il fallait être un sacré génie pour se faire encore appeler dieu du manga, aussi longtemps après sa mort. Il faut dire que Tezuka a signé quelque 700 œuvres au cours de sa très prolifique carrière, qu’il a commencée âgé de 17 ans. Je fais l’impasse sur ses autres productions pour ne pas trop m’éloigner du sujet de base, mais sachez qu’elles sont… nombreuses !  

 

En 1952, Tezuka écrit Astro Boy, l’histoire futuriste d’un robot ressemblant à un jeune garçon, créé le 7 avril 2003. Par nature, c’est un être profondément bon, qui se positionne en défenseur de la paix. Une histoire qui influencera nombre d’artistes et qui sera adaptée en série animée en 1963.

À l’occasion de l’anniversaire fictif d’Astro en avril 2003, sa maison d’édition propose à Naoki Urasawa de faire une nouvelle série. Urasawa, maître du suspense, des narrations sombres et tortueuses, accepte et jette son dévolu sur une histoire déjà parue sous l’intitulé : Le robot le plus fort du monde.     

serie manga Naoki Urasawa
Qui cherche à tuer les 7 robots les plus forts du monde ?

« Nous, les humains, avons une mémoire très pratique. Elle dispose d’une fonction « oublier ». Les souvenirs trop douloureux nous empêchent de vivre. C’est pour ça qu’on les oublie. »

C’est dans les vieux scénar qu’on fait les meilleures réadaptations

Tout en conservant les fondations originales du récit de Tezuka, Urasawa a su faire du neuf avec un récit déjà bien connu, sans en altérer la trame essentielle. 

Il joue pour cela avec un scénario complexe, inspiré en bonne partie par l’environnement de notre époque actuelle. Guerre, écologie, perfectionnement, recherche de puissance, haine, espoir… Il arrive à mêler tous ces thèmes, sans pour autant nous perdre comme il sait parfois (trop !) bien le faire. Si cette fois-ci Astro n’est pas le personnage principal de l’histoire, il y joue un rôle récurrent. 

 

Moi qui ne suis pas une grande fan d’histoires de robots et de jeux politiques, je me suis complètement laissée prendre dans cette intrigue tortueuse. Peut-être parce que les personnages sont tous en proie à des conflits internes très proches des émotions humaines. Peut-être aussi parce que ce récit s’étend sur 8 volumes, ce qui est finalement assez pour développer une histoire dense et pleine de suspense, sans qu’elle ne devienne trop longue. Les rebondissements sont multiples, et les indices, distillés comme des ancres au cours du récit, ne prennent sens qu’au dernier moment. Une fois encore Urasawa reste maître dans l’art de dénouer l’intrigue à la toute fin. 

 

Si vous aimez les séries palpitantes, les thrillers bien ficelés, Tezuka et Urasawa, vous savez très probablement ce qu’il vous reste à faire ! 

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