Vous me dites Akane Torikai, et tout de suite, mon coeur bat un peu plus vite. Si vous ajoutez en plus dystopie, sexualité, reproduction, grandes questions existentielles, vous avez définitivement retenu mon attention. Et ça tombe bien, c’est un peu tous ces points qui sont abordés dans Le siège des exilées

Un décor sombre sur fond dystopique

Les hommes ont presque totalement disparu de la surface de la Terre. Les rares messieurs qui subsistent ne sont vus que comme partenaires de reproduction, dans une société régie par un système matriarcal. Tout le système reproductif est désormais contrôlé et n’a plus rien de naturel. Il semblerait que ni la guerre ni les conflits ne viennent perturber cette société qui, en apparence, a l’air tout à fait idéale. 

Certaines choisissent pourtant de tourner le dos à cette vie et de quitter la ville pour s’installer dans des bidonvilles. Elles troquent le confort contre la liberté. Que se soit dans le l’écrin doré de la ville ou dans les ruelles sales, les mêmes questions vont et viennent : quel sens donner à cette existence ? 

Le siège des exilées | Un premier tome confus

Ça me fait mal de le dire, mais pourtant il le faut : je suis déçue. Ce premier tome va vite, trop vite, même. On est propulsé dans ce monde sans aucune explication, mis à part celle de la quatrième de couverture. Un bref résumé qui est donc franchement bienvenu, pour ne pas dire indispensable ! Il faut partir du principe, et accepter, le fait d’être largué dans cet univers avec très peu d’indices. Accepter aussi que le scénario soit parfois un peu rapide. Akane Torikai m’a habituée à plus de finesse, à une mise en place de la psychée de ses personnages plus élaborée, notamment dans En proie au Silence. Les retournements de situations se font de manière quelque peu étrange à certains moments. Les personnages n’ont pas la profondeur que je trouve également dans ses autres histoires, ils sont plus superficiels. Peut-être parce que ce premier tome est dense et qu’il présente davantage de personnages. Dans ses précédents récits, elle prend le temps d’installer ses protagonistes, temps dont elle n’a peut-être pas disposé pour ce volume. 

J’ai trouvé ce premier tome confus et dénué de l’impact que je perçois habituellement dans ses récits. (Je pense notamment à You’ve gotta love song, un one-shot de nouvelles toutes plus percutantes les unes que les autres). 

photo mange le siege des exilees Akane Torikai
Entre la prison dorée ou les bidonvilles de la liberté, il faut choisir.

Des éléments qui donnent envie d’aller plus loin

Et pourtant, allez savoir pourquoi, je suis tout de même irrémédiablement intriguée. Déjà par son dessin, toujours aussi propre, épuré, esthétique. Par l’histoire aussi, car si elle présente pour moi des faiblesses, l’univers donne envie d’en savoir plus et de s’immerger dedans afin de le comprendre. Je m’interroge donc : quel est ce diable d’univers qu’on nous balance en pâture ? Dites-m’en plus ! 

Pour conclure, je retrouve aussi les grandes questions existentielles qui jalonnent toutes les œuvres de l’auteure et qui abordent la quête de sens. Un premier tome qui me laisse un peu sur ma faim, mais qui pourtant me donne envie d’en savoir plus ! Suite et fin dans le second volume qui sera aussi le dernier de cette très courte série. 

 

Auteure : Akane Torikai

Éditeur : Akata 

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