Fatima Daas – 

 

Cela faisait des mois que je voyais passer cette couverture, accompagnée de commentaires dithyrambiques. Aussi, quand nous avons été sur le point d’être reconfinés, j’ai sauté sur l’occasion et je me suis offert ce roman. 

Un livre écrit comme une prière

Fatima est la petite dernière, la mazoziya comme on dit chez elle. Française d’origine algérienne, musulmane pratiquante. Lesbienne. Femme, garçon manqué. Brillante, mais instable. Polyamoureuse, elle ne sait pas si elle porte bien son prénom. Mais une chose est sûre, c’est qu’elle écrit, et qu’elle écrit bien. 

Un monologue rythmé, tendre et percutant à la fois
Un monologue rythmé, tendre et percutant à la fois

Résumer le long monologue de Fatima Daas est difficile, car si elle parle peu, elle en dit beaucoup avec sa plume. Elle n’aborde pas seulement son homosexualité, c’est toute sa vie qu’elle dépose entre nos mains, le temps d’une lecture, que j’ai dévorée d’un trait. L’écriture est simple, et par simple, j’entends posée, mesurée, mûrie. J’ai eu le sentiment que pas un mot n’avait été écrit sans être soigneusement pesé avant. Et pourtant, leur poids se fait sentir. Elle fait partie de celles et ceux qui enchaînent les révélations choc avec la tranquille résilience des éprouvés. La religion, elle en parle avec une grâce et une pudeur qui m’ont touchée. Tout comme sa famille, qu’elle aborde avec plus de retenue encore, mais dont beaucoup de sentiments contenus transparaissent au fil des pages. Elle est parfois détestable, ne s’en cache pas, et ça m’a plu. Un monologue dans lequel j’ai eu l’impression de rentrer comme témoin silencieux et dont je suis sortie le cœur serré. 

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