De l’auteur, Emmanuel Carrère, j’avais déjà lu l’Adversaire. Cette lecture, retraçant un fait sordide survenu pendant les années 1990 m’avait marquée, et je ne serais jamais revenue de moi-même vers un de ses ouvrages. Non pas que j’ai un problème avec son style, mais les thématiques qu’il traitent en général ont la fâcheuse manie de me coller à la peau. D’autres vies que la mienne est un livre qu’on m’a glissé entre les mains en me garantissant qu’il était génial. Eh, que voulez-vous, je ne résiste pas à quelqu’un qui me dit qu’un roman est « génial ».

Couverture d autres vies que la mienne Emmanuel Carrere
Une écriture brillante de l'histoire des autres

D'autres vies que la mienne | Le lecteur face à la perte

À deux mois d’intervalle, l’auteur assiste à deux des événements les plus dramatiques qui soient : la mort d’une enfant, et la mort d’une mère.

Difficile d’en dire plus. Emmanuel Carrère écrit sur un sujet, justement, difficile. Ces drames, il les a vécus de plein fouet, mais il les aborde avec distance, il les décompose avec méthode, comme s’il y était extérieur. Le rendu en fait un récit qui m’a étonnamment intéressée. Car là où je pensais m’aventurer sur un thème ennuyant, sur du drama et du pathos, j’ai été captivée. 
Ce n’est pas une histoire de tsunami. Ni un témoignage sur le cancer. C’est l’histoire des disparus, de ce qu’ils ont été, de ce qu’ils ont accompli. C’est le récit des vies d’une enfant et d’une juge des instances de surendettement.
Emmanuel Carrère a une plume très immersive. J’avais l’impression d’assister aux entretiens qu’il a menés pour retracer les vies des protagonistes et je me suis senti vivre leurs déboires avec eux. 
Poignant mais pas larmoyant.

 

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