Le charme de la communauté Bookstagram, c’est les découvertes livresques, mais aussi, les challenges littéraires qui y foisonnent ! Depuis début 2021, un challenge a été lancé, qui m’a tout de suite attirée : 1 mois, une auteure étrangère. En janvier, il fallait lire et faire partager un roman d’une auteure japonaise. En parcourant les rayons d’une librairie, j’ai découvert Mieko Kawakami et son titre, De toutes les nuits, les amants

De toutes les nuits, les amants

Fuyuko a 34 ans. Correctrice éditoriale indépendante, elle mène sa vie en célibataire et ne recherche aucune compagnie. Dans son univers millimétré et introverti, deux personnages vont pourtant faire leur apparition : Hijiri, son contact professionnel, une jeune femme aussi éloignée que possible de Fuyuko et M.Mitsutsuka, un professeur de physique passionné par la lumière. Peu à peu, à force de circonvolutions complexes, Fuyuko va les laisser entrer dans sa vie. Mais, on ne bouscule pas une existence aussi ordonnée sans que cela ne réveille quelques peurs. Des petites peurs, des peurs terrifiantes, dérangeantes ou excitantes.

Entrez dans l'intimité solitaire de Fuyuko
Entrez dans l'intimité solitaire de Fuyuko

Mieko Kawakami nous offre une plongée dans l’intimité de la femme moderne japonaise

Je me suis tout de suite laissée attrapée par la narration de Mieko Kawakami. Sa plume est lisse, fluide, douce. Elle parle des femmes et de leurs peurs, de ces libertés, devant elles, qui se balancent avec indolence, à portée de main. Jugées si elles ne s’en saisissent pas, jugées quand elles le font. Narré à travers les yeux de Fuyuko, ce livre se déroule presque en huis clos et pourtant, je ne m’y suis pas ennuyée une seconde. Étrange, de constater comme je me suis rapidement glissée dans sa peau, alors que sa timidité m’est complètement étrangère. Pendant que ses aventures en apparence banales défilent, j’ai plus d’une fois retenu mon souffle dans l’attente du dénouement. 


Ce livre a le fond d’un roman de guerre. Une guerre menée discrètement, mais avec acharnement. Mieko Kawakami maîtrise de bout en bout le rythme de son roman. J’ai particulièrement apprécié le personnage d’Hijiri, forte et indépendante, qui ne se laisse dicter sa conduite par personne, homme ou femme. Sa force de caractère contrebalance la passivité apparente de Fuyuko et rehausse l’histoire d’une touche d’acidité mordante ! Si vous souhaitez découvrir la littérature japonaise à travers les yeux d’une auteure contemporaine, je ne peux que vous conseiller cette lecture. 

Ce superbe challenge (que vous pouvez rejoindre à tout moment !) est proposé par Claire, du blog Des pages et des lettres

 

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